Mercredi 26 septembre 2007
Tout effacer et recommencer.
On en rêve quelquefois, hein, d’avoir une feuille blanche devant nous, une vie à réinventer. On ne saurait par où commencer mais parfois, les obligations sont telles,
et les regrets et les remords qu’on voudrait tout recommencer. Des moments d’introspection, de nostalgie. Ma mère écoute Julien Clerc, c’est sa thérapie. Moi ce serait plutôt
Brassens, ou dans un autre style, The Cranberries ; bah ! On a les nostalgies qu’on peut…
Le problème c’est que moi je ne voulais pas tout recommencer. Et pourtant paf ! un bug dans la plate-forme d’administration d’OB, et voilà que mon immense article
présentant les 4 derniers matches de milieu de semaine de la coupe du monde de rugby se transforme en « Bon, entre mes ». Désolé pour Nico qui avait joué par e-mail,
mais cette journée là, je vais l’annuler. Tant pis. Et je ne recommencerai pas mon bel article, parce que je n’ai ni le temps, ni l’envie, et puis c’est trop tard.
Le temps passe vite : la preuve c’est l’hiver. Ce matin, le Mistral souffle à décorner les cocus. Il fait moins douze, et ne va pas me dire, toi qui a la chance qu’il
pleuve chez toi que oui, le ciel bleu, c’est génial, tout ça. Le Mistral c’est la merde. Ca traverse les vêtements, tu te sens toujours à poil face au Mistral, il te glace jusqu’aux os et quand
il souffle depuis quelques jours tu te retrouves la tête dans un étau. Tu ne peux plus regarder le ciel bleu parce que le moindre mouvement de tête résonne dans tes tempes comme la cloche de
Notre-Dame.
C’est l’hiver bordel. Du coup, par mesure de rétorsion ce matin, j’ai mis 5 minutes de chauffage dans la voiture, et j’ai écouté Back To Earth, de
Lisa Ekdahl et le Peter Nordahl Trio. Musique d’hiver. Petite voix douce qui réchauffe les méninges.
Je crois que le Grand Rhône a voulu me châtier de mon week-end à Paris et du plaisir que j’ai pris à retourner dans la Câpitâl’. Du coup il m’a envoyé dès
lundi le Mistral. Mais je m’en fous. Un, j’y retournerai.
Deux, dimanche soir, j’ai fait un choix et il s’est avéré payant. Plutôt que chercher l’efficacité en passant par la route d’Apt pour rentrer de la gare, je suis passé
par Coudoux. Grand bien m’en a pris. Au bout de quelques centaines de mètres, je croisais un renard famélique au pelage roux et aux yeux argentés par le reflet de mes phares, qui m’a regardé
passé comme si j’avais été un intrus dans le monde. Je l’étais.
Un peu plus tôt, avant le viaduc de Roquefavour, un flash de lumière m’a attiré l’œil. Un TGV traversait la nuit pour rejoindre Marseille, on distinguait au loin les vitres éclairées derrière
lesquelles les voyageurs devaient se préparer à l’arrivée, réveillés qu’ils avaient dû être en gare d’Avignon. Je ne suis pas un fan des trains. Mais Jean et Flo
le sont. Et c’est viré, à chaque fois que je croise un train, ou qu’un train plutôt croise ma route, je pense à eux.
Et je suis heureux.