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9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00
Ahhhhhh!!!!!! Je suis content, ça fait du bien de gueuler un bon coup, et je suis content d'avoir eu toutes ces réactions sur mon mail aussi... Merci à Vincent de sa réponse de trois plombes! D'autres m'ont écrit tout aussi longuement par mail... j'essaie de répondre.

Je reviens vite sur les points que vous avec évoqué par mail avant de passer à autre chose:

Il était hors de mon propos de défendre les émeutiers contre la police, ça j'espère que tout le monde l'a compris et, partant, je suis pour faire cesser cela. Le couvre-feu, c'est le choix du gouvernement, qu'il l'assume. L'essentiel est que tout le monde se calme, que les gens puissent ressortir dans les rues en banlieue sans avoir peur.

Ce qui m'énerve, c'est qu'on condamne des solutions qu'ensuite on réutilise, mais un peu tard...
Comme quoi, il faut à la fois de l'amour et du respect pour les gens, et de la fermeté pour ceux qui s'éloigne des chemins de la légalité.

N'oublions pas non plus l'image désastreuse que nos politiques peuvent avoir lorsqu'ils trichent, mentent, volent ou insultent... Ce qui n'arrive pas souvent, mais qui laissent aux gens l'idée qu'il ne leur reste que l'illégalité.

Je passe rapidement sur la théorie du complot mafieux, c'est d'après moi une énorme fumisterie qui vise à faire mousser un incapable.

Alors c'est entendu? Dès que ça s'est calmé, de l'amour, de la solidarité, plus de mépris, et dans ces conditions-là ceux qui ne respectent pas la loi je veux bien les mettre en prison.

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publié par Fredogino - dans De l'actu
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commentaires

Nico 19/11/2005 12:09

Salut Fredo,
Ma première contribution à ton blog n'en est pas vraiment une. C'est un extrait du Figaro du 15 novembre où AF donne son point de vue de philosophe sur la crise des banlieux.

A bientôt,
Nico

Alain Finkielkraut : «L'illégitimité de la haine»
Propos recueillis par Alexis Lacroix
[15 novembre 2005] Le Figaro

Le philosophe Alain Finkielkraut (1) dresse un premier bilan des émeutes
dans les banlieues.

LE FIGARO. – Quels enseignements politiques et intellectuels tirez-vous
des émeutes ?

*Alain FINKIELKRAUT. *– Je suis terrifié par cette violence. Terrifié,
mais pas étonné. Il y avait des signes avant-coureurs : la Marseillaise
conspuée lors du match France-Algérie, les agressions de lycéens pendant
une manifestation contre la loi Fillon. Il y avait aussi des livres
avertisseurs comme celui d'Emmanuel Brenner, /Les Territoires perdus de
la République, /ou le rapport de juin 2004 du ministère de l'Education
nationale sur les signes et manifestations d'appartenance religieuse
dans certains établissements scolaires des quartiers difficiles. On y
apprenait notamment que l'enseignement de l'histoire était accusé par
certains élèves et ceux qui les influencent de donner une vision
judéo-chrétienne, déformée et partiale du monde. Les exemples abondent,
du refus d'étudier l'édification des cathédrales ou d'entendre parler de
l'existence de religions préislamiques, aux turbulences que provoque
inévitablement l'évocation de la guerre d'Algérie ou du Moyen-Orient.

*Certains ont été jusqu'à parler de «guerre civile». Qu'en pensez-vous ? *

Il n'y a pas de guerre aujourd'hui entre les Français de souche et les
autres, ni même entre la France des villes et celle des banlieues. Les
premières cibles des violents sont les voisins. Et ce sont eux qui
réclament une restauration de l'ordre républicain. La sympathie pour les
vandales est beaucoup plus répandue chez les bobos écolos qui font du
vélo à Paris que parmi les automobilistes pauvres du 9-3.

*Y avait-il d'autres signes annonciateurs des émeutes ? *

Voici un charmant couplet de rap : /«La France est une garce, n'oublie
pas de la baiser jusqu'à l'épuiser comme une salope, il faut la traiter,
mec ! Moi, je pisse sur Napoléon et le général de Gaulle.»/

*Mais les excès de la sous-culture musicale ont-ils vraiment un lien de
causalité avec ces violences ? *

Si ceux qui mettent le feu aux services publics, qui lancent du haut des
tours d'immeubles des boules de pétanque sur les policiers ou qui
agressent les pompiers, avaient la même couleur de peau que les
émeutiers de Rostock dans l'Allemagne réunifiée des années 90,
l'indignation morale prévaudrait partout.

*L'indignation morale prévaut quand même dans certains lieux ! *

Non, ce qui prévaut, c'est la compréhension, la dissolution du sentiment
de l'injustifiable dans la recherche des causes. Dans l'hypothèse
Rostock, politiques, intellectuels, journalistes, responsables
d'associations, chercheurs en sciences sociales – tous crieraient comme
un seul homme : /«Le fascisme ne passera pas !» /Mais comme ces lanceurs
de boules et de cocktails Molotov sont des Français d'origine africaine
ou nord-africaine, l'explication étouffe l'indignation ou la retourne
contre le gouvernement et l'inhospitalité nationale. Au lieu d'être
outragés par le scandale des écoles incendiées, on pontifie sur le
désespoir des incendiaires. Au lieu d'entendre ce qu'ils disent –
/«Nique ta mère !», «Nique la police !», «Nique l'Etat !» –, /on les
écoute, c'est-à-dire que l'on convertit leurs appels à la haine en
appels à l'aide et la vandalisation des établissements scolaires en
demande d'éducation. A ce décryptage qui n'est que poudre aux yeux, il
est urgent d'opposer une lecture littérale des événements.

*Loin de la culture de l'excuse ? *

Les casseurs ne réclament pas plus d'écoles, plus de crèches, plus de
gymnases, plus d'autobus : ils les brûlent. Et ils s'acharnent ainsi
contre les institutions et toutes les médiations, tous les détours, tous
les délais qui s'interposent entre eux et les objets de leur désir.
Enfants de la télécommande, ils veulent tout, tout de suite. Et ce tout,
c'est la «thune», les marques vestimentaires et les «meufs». Paradoxe
terminal : les ennemis de notre monde en sont aussi l'ultime caricature.
Et ce qu'il faudrait pouvoir réinstaurer, c'est un autre système de
valeurs, un autre rapport au temps. Mais ce pouvoir-là n'est pas au
pouvoir des politiques.

*La communication politique a-t-elle abdiqué devant la «vidéosphère» ? *

La vulgarité sans fond des talk shows, la brutalité des jeux vidéos,
l'éducation quotidienne à la simplification et à la méchanceté rigolarde
par les «Guignols de l'info» – tout cela est hors de portée des hommes
politiques. S'ils s'y opposaient d'ailleurs, les éditorialistes
dénonceraient aussitôt une atteinte totalitaire à la liberté
d'expression. Peut être le ministre de l'Intérieur – mais est-il le seul
? – a-t-il tendance à trop spectaculariser son action. Et le terme de
/«racaille» /ne devrait pas faire partie du vocabulaire d'un responsable
politique. Mais les mots manquent devant des gens qui, se sentant
calomniés ou humiliés par cette épithète, réagissent en incendiant des
écoles.

*Mais ils sont frappés par des taux de chômage record ?*

Aujourd'hui où le coeur de l'humanisme ne bat plus pour l'école, mais
pour ses incendiaires, nul ne semble se souvenir qu'on ne va pas en
classe pour être embauché mais pour être enseigné. Le premier objectif
de l'instruction, c'est l'instruction. Celle-ci, au demeurant, n'est
jamais inutile. De même que la République doit reprendre ses
«territoires perdus», de même la langue française doit reconquérir le
parler banlieue, ce sabir simpliste, hargneux, pathétiquement hostile à
la beauté et à la nuance. Ce n'est pas une condition suffisante pour
obtenir un emploi, mais c'est une condition nécessaire.

*Personne n'invente cependant les discriminations ! *

Dans cette affaire, il faut évidemment se garder de stigmatiser une
population. Né polonais en France, je suis moi-même un immigré de la
seconde génération, et je me sens résolument solidaire de tous les
élèves noirs ou arabes qui, parce qu'ils préfèrent les diplômés aux
dealers, se font persécuter, racketter, traiter de /«bouffons». /Ceux-là
doivent être aidés ; la discrimination à l'embauche doit être
inlassablement combattue ; il faut oeuvrer sans relâche à l'égalité des
chances, aller chercher l'excellence dans les cités, détruire les grands
ensembles, désenclaver les banlieues. Pour autant, il serait naïf de
s'imaginer que ces mesures mettront fin au vandalisme.

*Comment pouvez-vous en être sûr ? *

La violence actuelle n'est pas une réaction à l'injustice de la
République, mais un gigantesque pogrome antirépublicain.

*Cette violence ne serait donc pas une riposte à l'abandon des
«territoires perdus» ? *

Si ces territoires étaient laissés à l'abandon, il n'y aurait ni
autobus, ni crèches, ni écoles, ni gymnases à brûler. Et ce qui est
proprement insupportable, c'est de décerner aux auteurs de ces exploits
le titre glorieux d'«indigènes de la République». Au lieu de cela, on
aurait dû décréter l'illégitimité de la haine et leur faire honte, comme
on fait honte, bien qu'ils soient aussi des cas sociaux, aux supporters
qui vont dans les stades pour en découdre et qui poussent des
grognements de singe chaque fois qu'un joueur noir a la balle. La
brûlure de la honte est le commencement de la morale. La victimisation
et l'héroïsation sont une invitation à la récidive.

*L'expiation des crimes du colonialisme conduit-elle à l'embrasement des
banlieues ? *

Non, bien sûr. Mais à vouloir apaiser la haine en disant que la France
est en effet haïssable et en inscrivant ce dégoût de soi dans
l'enseignement, on se dirige nécessairement vers le pire. Ces révoltés
révoltants poussent jusqu'à son paroxysme la tendance contemporaine à
faire de l'homme non plus un obligé, mais un ayant droit. Et si l'école
elle-même les encourage, alors c'est foutu.

*Est-ce le modèle français d'intégration qui est en crise ? *

On parle beaucoup de la faillite du modèle républicain d'intégration.
C'est absurde. L'école républicaine est morte depuis longtemps. C'est le
modèle post-républicain de la communauté éducative supersympa et
immergée dans le social, qui prend l'eau. Modèle, hélas, indestructible
car il se nourrit de ses fiascos. A chaque échec, il réagit par la
surenchère. Et c'est reparti pour un tour : au mépris de la vérité,
l'école française noiera donc demain la diversité des traites négrières
dans l'océan de la bien-pensance anti-occidentale. On enseignera la
colonisation non comme un phénomène historique terrible et ambigu, mais
comme un crime contre l'humanité. Ainsi répondra-t-on au défi de
l'intégration en hâtant la désintégration nationale.

Lionel 10/11/2005 15:06

Salut Fred,

OK pour une bonne dose de prevention couplée avec une dose de repression, mais quid des locaux... quid du cruel manque de place dans les prisons... quid de la surpopulation carcerale et des conditions de detention propice à la recidive... mais ceci est un autre débat.

Tu tiens le bon bout. Continue...

Lionel

Ha, la, la... T'as raison Lionel, la surpopulation cancérale... et pas que ça, d'ailleurs, la vétusté des prisons, l'ambiance délétère tout ce qui, comme tu le dis très bien, rend propice la récidive car on punit sans donner l'envie d'être meilleur... on n'est pas arrivés!

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

Si tu as apprécié, participe et reviens. Il y a du blanc et du rosé au frais. Du saucisson au cellier. Du fromage qui pue à tous les étages... Le rouquin est sur la table, sers-toi, trinquons, et profitons de la vie ! Echangeons, mélangeons, partageons... 

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