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4 janvier 2006 3 04 /01 /janvier /2006 17:24
Ce recueil de nouvelles de Herman Melville m’a attiré longtemps, c’était pour moi une sorte de mythe.

Tout a commencé, comme souvent, par Pennac. L’amour de Pennac. L’amour de Pennac pour la littérature. Un essai, Des chrétiens et des maures, dans lequel Le Petit, avant-dernier rejeton de la tribu Malaussène, refuse de se nourrir en assénant un indiscutable "Je préfèrerais mon papa".

Malheureusement, comme pour les autres membres de la tribu, on connaît très bien la mère, mais on ne sait pas vraiment comment retrouver le père. Jusqu’au moment où on trouve de quoi est atteint Le Petit (il me semble, de mémoire, que c’est Moussa de Casamance, l’érudit sénégalais qui l’apprend à Benjamin) : il souffre de Bartlebysme…

 

D’après Pennac, Bartleby le scribe, qui est un des Contes de la Véranda de Melville, est la meilleure nouvelle du monde.


 

Effectivement, c’est un récit qui te chope et qui ne te lâche plus…Bartleby, c’est le non-être à l’état pur ou presque, il refuse de vivre, de bouger, de communiquer, de dormir, de se nourrir, bref il refuse tout ce qui fait l’existence. Je rajoute un « presque », parce que ce refus, s’il n’est pas naturel, pourrait être pris comme l’affirmation de l’être, tu sais, comme chez les enfants (de trois ans à peu près, non ?) qui pour s’affirmer commencent toujours par dire « non ».


 

Eh bien Bartleby « préfèrerait pas ». Et il ne fait rien. D’abord au boulot, parce qu’il est pitoyable, misérable et que son patron se prend d’affectation pour sa personne. Ensuite de sa vie, parce que Bartlbey est un rebus et que la vie ne lui apportera plus rien.


 

Bartleby est le refus poussé à l’extrême. Le refus de tout, le refus de vie… Le héros (son patron) se débat pour essayer de le pousser à vivre, le faire réagir, mais rien n’y fait, cet homme dit non. Poliment, suavement, mais fermement il refuse, il s’oppose à ce qu’on lui impose une quelconque action.


 

L’être et le néant, tout à la fois… Voici comment le narrateur le présente. C'est un morceau d'anthologie:


 

" [...] un jeune homme apparut un matin sur le seuil de mon étude (nous étions en été et la porte était ouverte).
Je vois encore cette silhouette lividement propre, pitoyablement respectable, incurablement abandonnée!
C'était Bartleby."


 

Je n’ai pas lu tous les Contes de la Véranda, que j’ai découverts un matin clair d’été sur la table de nuit d’une amie précieuse. Peut-être t’en reparlerai-je un jour ? Peut-être Bartleby n’est-il que l’augure d’autres récits plus passionnants encore ? Pour l’instant, je préfèrerais aller me coucher.

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publié par Fredogino - dans de la lecture
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commentaires

Youkou de Bannissement :0039: 30/10/2006 16:49

Pennac, Pennac... je cherche un truc à lire, j'vais dans la biblio fredo... Pennac, Pennac bah oui il est au bord du lit celui-ci, enfin un autre du Malaussène... Tu nous racontes c'que tu bouquines?

Fredogino 31/10/2006 15:14

Problème, je ne lis rien...

papaye 04/01/2006 22:35

Dans le genre anti-héro, t'as essayé "la conjuration des imbéciles" de J. Kennedy Toole ?

Fredogino 06/01/2006 12:29

J'ai adoré ce gros porc. Il m'a mis super mal à l'aise pendant 48h...

sou 04/01/2006 22:11

Je partage ton lyrisme pour Pennac que j'ai découvert il y a deux mois de ça. Je le conseille à tous les voyageurs en train, même ceux de Nice -Marseille, existerait-il quelques analogies...? (un peu facile quand même).
Je rajoute aux bisous de ce soir un conseil de lecture dont je peux à peine te parler car j'en suis à la 20ème page, l'entrée est très prometteuse : L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon.
 
 
 

Fredogino 06/01/2006 12:30

Les voyageurs en train, et les autres aussi... merci de ton passage, jeune maman.

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

Si tu as apprécié, participe et reviens. Il y a du blanc et du rosé au frais. Du saucisson au cellier. Du fromage qui pue à tous les étages... Le rouquin est sur la table, sers-toi, trinquons, et profitons de la vie ! Echangeons, mélangeons, partageons... 

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