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6 janvier 2006 5 06 /01 /janvier /2006 11:28

Aujourd'hui 6 janvier 2006, Savinien Hercule  de Cyrano de Bergerac aurait 387 ans...
Il est mort à 36.

 


Né à Paris en 1619, Cyrano entre à vingt ans dans la compagnie des Cadets de Gascogne de Carbon de Castel Jaloux. Il est blessé deux fois, en 1639, pendant le siège de Mouzon,  d'un « coup de mousquet en travers du corps » (quelques mois plus tard, remis de sa blessure, il repart au front) et en 1640, au siège d'Arras, il reçoit « un coup d'espée dans la gorge».

 


C'est aussi à Arras, au cours d'une de ces échauffourées que meurt le baron de Neuvillette, époux de la cousine de Cyrano, Madeleine Robineau ; et c'est dans les mêmes circonstances que d'Artagnan essuie une de ses premières blessures.

 

 

 

D'après Le Bret, en 1653, il se met sous la protection d’un patron, malgré ce que peut en écrire Edmond Rostand, rappelle-toi :

 

 
« UN FACHEUX (qui s'est approché de Cyrano) : Le comédien Montfleury! Quel scandale! Mais il est protégé par le duc de Candale! Avez-vous un patron?

 

CYRANO : Non!

 

LE FACHEUX : Vous n'avez pas?. . .

 

CYRANO : Non!

 

LE FACHEUX : Quoi, pas un grand seigneur pour couvrir de son nom?. . .

 

CYRANO (agacé) : Non, ai-je dit deux fois. Faut-il donc que je trisse?
Non, pas de protecteur… (
La main a son épée) mais une protectrice! »

 

 
La raison en est que, alors qu’il rentre chez lui, il est victime d’un accident (un attentat ?) une pièce de bois lui tombe d’un échafaudage sur la tête.

 

 
« Pour complaire à ses amis qui luy conseilloient de se faire un patron qui l'appuyast à la Cour ou ailleurs, il vainquit la grande amour qu'il avoit pour sa liberté, et que jusqu'au jour qu'il receut à la teste le coup dont j'ay parlé, il demeura aupres Monsieur le Duc d'Arpajon...»

 

 
Conformément à son désir, le 23 juillet 1655, Savinien, sentant sa fin proche, se fait porter chez son ami et cousin germain Pierre de Cyrano, à Sannois.

 

 

 

Le 28 juillet 1655, dans la maison de Pierre, il s'éteint.

 

D'après un certificat du 1er août 1655, signé par l'abbé Cochon, curé de la paroisse, et Pierre de Cyrano, il est mort « chrestiennement » et est enterré à Sannois « dans l'Eglise du ditlieu ».

 

 
A l'heure actuelle, on ne sait toujours pas situer sa tombe.

 

 
Je n’ai lu qu’un seul essai de Cyrano, qui ne fut pas imprimé de son vivant, mais terminé e à partir de 1650, « L'Autre Monde ou Etats et Empires de la Lune » fut publié en 1657. C’est la première partie d’un roman dont la seconde s’intitule « Etats et Empires du Soleil », publié en 1662.

 

 
Le voyage de Cyrano dans la Lune n’est pas un simple récit ni une construction politique, c’est un pendant humoristique, un jumeau moqueur de l’autre monde, celui dans lequel vit Cyrano.  

 

 
Ce monde là ressemble au notre. On y rencontre des géants à quatre pattes, on s'y nourrit de fumets, on s'y sert de son nez comme d'un cadran solaire, on y est très savant très jeune, car il n'est point besoin de savoir lire pour écouter les livres... Les oiseaux y sont des êtres pensant, on y choisit pour roi le plus faible et le plus lâche afin qu'il ne contrarie jamais personne, on n'y fait jamais « amende honorable », mais seulement « amende honteuse ».

 

 

 

Tu l’as compris, c’est un pamphlet, et pas des pires…

 

Un homme attachant. Un doux rêveur, vomissant les mesquineries, fin suiveur de l’actualité et de la politique, connaissant son époque. Né le jour des rois.

 

 

 

Je garde en mémoire son amour de la liberté, son sens de la poésie, les phrases qui m'ont fait sourire ou rêver dans L'Autre Monde...

 

 

 

Mais j’ai surtout dans un coin de mon crâne son personnage mis en couleurs par Rostand, la tirade des nez, le duel (« qu’en l’hôtel Matignon M. de Bergerac eut avec un bellître »…).

 

 

 

Je garde enfin la conlusion de la tirade de la 2e scène de l’acte II, celle du « non, merci »… et je te la livre, pour terminer. Tu trouveras tout ce qui concerne Cyrano ici. En attendant :

 

 
« Non, merci! non, merci! non, merci! Mais… chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plait, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, ou faire un vers!
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
À tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortit,
Et modeste d'ailleurs, se dire mon petit,
Soit satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être oblige d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul! 
» 

 

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publié par Fredogino - dans de la lecture
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commentaires

Quichottine 22/08/2007 21:50

Merci... tu as mis en citation l'un de mes passages préférés... Cette pièce, je la trouve vraiment magnifique. On ne peut pas être indifférent devant tant de beauté je crois et tant de vérités, de grandeur !Ne pas monter bien haut... Ce qui compte c'est d'y aller seul ! (mais avec plein d'amis qui soient sincères...)@ bientôt !

Fredogino 31/08/2007 10:14

Et +1 pour toi...

brigetoun 10/01/2006 18:30

j'aurai préféré des citations du vrai; mon "voyage" était un 10/18 tellement défraîchi qu'il a fini à la poubelle et je n'en trouve plus une édition abordable. Rostand lui c'est pas ma tasse de thé

Fredogino 10/01/2006 18:41

Désolé, Brigetoun, mon 10/18 est à Lambesc, donc je n'ai pas pu aller en pêcher...Mais il est en parfait état ;)

llh 09/01/2006 12:19

Oui c'est bien toi ! Tu écoutais les ludwigs ! Je les adore !

llh 09/01/2006 10:01

mona ouzouf... J'veux bien que tu m'en parles ! J'en ai besoin pour mes partiels... elle est bien, cette historienne.

llh 09/01/2006 08:54

ALors Fredo ?! Ca avance cette thèse ?!

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

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