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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 11:29
La 62e Mostra de Venise a eu vachement de chance cette année...

Déjà, le Lion d'Or, ça a l'air d'un grand, très grand film que je vais aller voir. C'est le secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee.

Un autre film en compétition cette année, c'était le Good night and Good luck de MONSIEUR  Georges Clooney.



Ca raconte l'histoire de Edward R. Murrow, présentateur d'une émission de télé chez CBS qui se dressa pendant 4 ans contre l'arbitraire du sénateur du Wisconsin, Joseph Mc Carthy, président de la commission sénatoriale chargée d'enquêter sur la loyauté des fonctionnaires fédéraux. On est alors en pleine guerre froide, et Mc Carhty va pousser la peur du communisme à son paroxysme, rappelle-toi qu'on a parlé de "chasse aux sorcières"...
























En effet, de 1947 à 1953, 26 000 employés de l'administration fédérale ont fait l'objet d'une enquête approfondie ; 16 000 ont été déclarés innocents ; 7 000 ont démissionné et 739 ont été révoqués, les uns parce qu'ils appartenaient à des organisations dites subversives, d'autres pour immoralité sexuelle ou homosexualité, d'autres enfin parce qu'ils avaient recouru à l'usage de la drogue.

C'est à une véritable terreur que se livre Mc Carthy. Il se sert des on-dit, des rumeurs voire des accusations fantaisistes pour déclencher des campagnes de haine contre les accusés.

Les plus médiatiques sont forcément les plus exposés : Charlie Chaplin, victime d'une campagne de presse violente, qui après un séjour de quarante et un ans aux États-Unis n'a toujours pas pris la nationalité américaine, se réfugie en 1952 en Europe (bon, en plus, juif et d'extrême gauche, le gars était foutu). Jules Dassin, le père de Joe (rappelle-toi l'amour dans ses yeux quand il chante "L'Amérique"), sur la liste noire depuis 1947, suit l'exemple.

Le général Marshall, l'organisateur de la victoire américaine de 1945, l'auteur du célèbre plan, l'ancien secrétaire d'État et secrétaire à la Défense, subit de violentes attaques pour n'avoir pas soutenu Tchang Kaï Chek en 1946.

Bref, il fallait que quelqu'un s'oppose et CES quelqu'unS seront Edward R. Murrow, son acolyte Fred Friendly et leur équipe chez CBS. Ils s'opposent aux méthodes, et à la dérive populiste qu'elles engendrent. On ne peut défendre la liberté en la foulant aux pieds.

Clooney rend une belle copie avec ce film en noir et blanc, rythmé, un peu stressant qui fait bien ressentir la responsabilité que prennent ces journalistes, le poids qui pèsent sur leurs épaules au moment de manier les mots, la volonté de toujours être précis pour n'offrir aucun angle de contre-attaque. On l'a comparé à All the President's men d'Alan J. Pakula.

C'est vrai. C'est un véritable thriller. Pas de meurtre, pas de course poursuite effrénée, mais le sentiment à chaque image que le destin de tous les protagonistes est en jeu, individuellement, collectivement, et même au-delà d'eux, quelque chose de plus grand.
La liberté. L'éthique. L'idée qu'on se fait du "vivre-ensemble".

Pour défendre cette idée, les acteurs sont remarquables. L'ami Georges est égal à lui-même, Robert Downey Jr, qui connaît bien le problème puisqu'il interprétait Chaplin dans le film de Sir Richard Attenborough, est pétillant en amoureux chaché de... sa femme, et bien sûr David Strathairn, qu'on a vu dans de nombreux excellent films comme Dolores Claiborne, L.A. Confidential ou Harrison's Flowers, David Strathairn est Shakespearien.

Il est dramatique. Il sait que le poids de la liberté repose sur ses épaules. Il en prend la responsabilité avec sérieux et application. Mais comme dans une tragédie grecque, on sent qu'il comprend que cette fatalité de la dérive des médias, comme un instrument de propagande ou / et d'abrutissement des masses est inexorable.

On le voit dans son regard. Il nous dit qu'il peut gagner cette bataille mais qu'il est sûr de perdre la guerre. Ca, c'est du panache...

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commentaires

D&D 17/08/2007 02:45

J'aime particulièrement la fin de ton article... Comme j'aime particulièrement ce film. Le précédent de l'ami Georges était formidable aussi, dans un tout autre genre. Je crois me souvenir que l'ami Systool le pense aussi. Et toi, tu l'as vu ? "Confessions of a dangerous mind"

Fredogino 17/08/2007 11:22

Et non, je ne l'ai pas vu malheureusement. Ce qu'il y a de bien avec la culture, c'est qu'on a toujours des chefs-d'oeuvres à découvrir...

llh 23/01/2006 16:13

trop gentil fredo ton comm chez ecriture.

eva 23/01/2006 14:41

ptit coucou en passant...il mio pc è messo un pò male ma va molto meglio...;Pgrazie per i tuoi comms carinissimi ;)stammi bene, e buona giornata!un bacione e a presto!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

llh 23/01/2006 11:54

en faut c'était moi.

chriscraft_ 23/01/2006 11:45

tu sauras où t'arrêter à lyon !

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

Si tu as apprécié, participe et reviens. Il y a du blanc et du rosé au frais. Du saucisson au cellier. Du fromage qui pue à tous les étages... Le rouquin est sur la table, sers-toi, trinquons, et profitons de la vie ! Echangeons, mélangeons, partageons... 

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