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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 10:40
Mets le son et imagine :




Tu es dans le pays merveilleux où les gens sont gentils, où ils s'arrêtent dans la rue pour te renseigner, où ils t'accostent dans les pubs pour te montrer les photos du voyage familial à Paris... Où une espèce de gros mastard te sourit en te demandant si tu veux faire une petite bagarre amicale, pour rigoler...

Tu es au Pays de Galles, et ce que tu entends, ce sont les choeurs gallois, enregistrés pendant un Galles Angleterre à Wembley en 1999, à l'époque où l'Arms Park n'était plus le stade du XV au poireau et où le Millenium Stadium de Cardiff n'était pas encore construit.

Ce que tu entends, c'est l'hymne gallois, le land of my fathers. La semaine dernière, j'ai assisté à quelque chose que je ne pensais pas possible : la chair de poule et les larmes aux yeux pour l'hymne inconnu d'un pays que je ne connaissais que depuis une nuit, l'esprit las d'un voyage et embrumé par la bière rousse.



Cet hymne n'est pas beuglé par une horde de supporters pleins de bière.
Il est chanté, mélodieusement et avec respect, par une horde de supporters pleins de bière...

J'avais entendu parler des choeurs gallois, de la réputation que ce peuple a de considérer le chant comme un art populaire et nécessaire, je savais arriver dans le pays des bardes et des ménestrels... Oui, ok...



Mais 80 000 personnes, moins les quelques milliers de français présents, chantant tendrement (oui, tendrement!) l'amour de leur terre alors qu'ils sont en train de perdre un match qu'ils ont dominé de la tête et des épaules c'est une sensation incroyable.

Au Millenium Stadium de Cardiff, samedi 18 mars 2006, à 17h00 GMT, je me suis entendu dire, par 80 000 personnes en même temps:
"Oui, tu as peut être gagné un match, mais nous, nous apportons la beauté et la sensibilité dans l'enceinte d'un terrain de sport".
Chapeau bas, les gallois.

D'ailleurs, cet hymne, parlons-en.
L’hymne gallois a été écrit par Evan James et son fils James en 1856. La traduction anglaise est « Land of my fathers », mais il est toujours chanté en gallois.

 

Hen Wlad fy Nhadau

Mae hen wlad fy nhadau yn anwyl i mi,

Gwlad beirdd a chantorion, enwogion o fri

Ei gwrol rhyfelwyr, gwlad garwyr tra mad

Tros ryddid collasant eu gwaed.

Chorus:

Gwlad, gwlad, pleidiol wyf i'm gwlad,

Tra mor yn fur

I'r bur hoff bau,

O bydded i'r heniaith barhau.

 

Hen Gymru fynyddig, paradwys y bardd,

Pob dyffryn, pob clogwyn, i'm golwg sy'n hardd

Trwy deimlad gwladgarol, mor swynol yw si

Ei nentydd, afonydd i mi

Chorus

Os treisiodd y gelyn fy ngwlad dan ei droed,

Mae hen iaith y Cymry mor fyw ag erioed

Ni luddiwyd yr awen gan erchyll law brad

Na thelyn berseiniol fy ngwlad.

 

Traduction – La Terre de mes Pères

La Terre de mes Pères m’est chère

Une vieille terre où les ménestrels sont honorés et libres

Ses défenseurs guerriers si vaillants et courageux

Pour la liberté donnèrent le sang de leur vie.

Chorus:

Patrie, patrie, fidèle je suis à ma patrie

Quand les mers sécurisent de si pures terres

O puisse le vieux langage perdurer.

 

Vieille terre de montagnes, Eden des bardes,

Chaque gorge et chaque vallée veille sur une merveille

A travers l’amour de mon pays, des voix charmeuses seront

Ses courants, ses rivières, pour moi.

Chorus

Même si des ennemis ont piétiné ma terre sous  leurs pieds

La langue de Cambria ne connaît pas de retraite

The muse is not vanquished by traitor's fell hand

Et ne réduit pas au silence la harpe de ma terre.


Si tu veux apprendre pleins de choses sur le Pays de Galles, et sur les celtes en général, va voir Olivier Thierry sur ce site.

Pour ma part, je garderai longtemps le souvenir de la tournée avec les British, d'une soirée incroyable, d'un match le lendemain matin où tous les visages étaient blâfards sous la boue, tirés d'une nuit de Saint Patrick étirée, mais tous souriants du plaisir de partager l'amour de ce sport au-delà des mers, et bien au-delà de ses limites physiques...


Je garderai en mémoire les chants gallois au Millenium, le sourire tristement gentil du vieil homme à côté de moi, l'accolade d'un brave mec en perruque rouge, verte et blanche qui a fait trente mètre de gradins pour venir me féliciter. Beaucoup, beaucoup d'émotions.

Thanks from the deepest of my heart, you sheep shaggers...


PS: en parlant de baiseurs de moutons, merci à Tim Meredith-Young pour les photos, et à Jean-Marc Aubert. Pour toute copie, veuillez me contacter.

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publié par Fredogino - dans Rugby
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commentaires

papaye 30/03/2006 21:16

bon OK : t'es excusé pour avoir loupé mon anniv' !
C'est beau comme du … Bounous tiens.

sam 29/03/2006 18:20

Sans avoir débriefé des masses avec toi ce fameux week-end, notre escapade en terre galloise m'a laissé en bouche le même arrière goùt. Les gallois sont attachants. Tu parts pour un week-end en mode bringue entre copains et au final tu te retrouves à échanger tous azimuts avec des tas de gens différents, autour d’un match, d’un demi…c’est direct mais chaleureux. J’ai bien l’impression d’avoir fait un voyage au cœur de ce que le rugby a de plus sympa à proposer, bien au-delà de l’aspect sportif.
La légende raconte qu’un français, parti en virée pour un match du tournoi, charmé par le chant d’une galloise, le parfum de la bière brune, ou le sens véritable de l’hospitalité des locaux aurait vendu son âme aux "diables rouges" en décidant de demeurer à Cardiff ou il hanterait depuis les troisième mi-temps...

Fredogino 30/03/2006 11:58

Ca c'est une belle légende.... Merci d'être passé Sam!

doctole 29/03/2006 08:37

Oui ce doit être une belle leçon de vie (j'avais eu les mêmes sensations en Irelande !) !

Fredogino 30/03/2006 11:57

C'est merveilleux

Princesse mimi :0059: 28/03/2006 23:39

je n'y connais pas grand chose en rugby mais en tout cas je trouve que ton récit donne la chair de poule! L'hymne est magnifique et vraiment bien chanté. Je n'ai qu'une chose à dire : Respect!bises

berge 28/03/2006 23:09

;o).

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

Si tu as apprécié, participe et reviens. Il y a du blanc et du rosé au frais. Du saucisson au cellier. Du fromage qui pue à tous les étages... Le rouquin est sur la table, sers-toi, trinquons, et profitons de la vie ! Echangeons, mélangeons, partageons... 

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