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28 septembre 2005 3 28 /09 /septembre /2005 23:00
Cette grève à la SNCM, elle est dure. Mais elle ressemble aux grèves des dockers marseillais. Ils avaient annoncé la rentrée la plus chaude depuis longtemps. Ca commence, et m'est avis que ce n'est pas terminé...

C'est bizarre comme la situation peut se compliquer rapidement à Marseille, et en Corse. Voilà une (trop) banale scène de privatisation. Le gouvernement maîtrise mal ce sujet, voit une entreprise toute pourrie, qui perd des sous à qui mieux mieux, mal gérée, etc. Il décide de privatiser, mais à 100%.

Une petite grève débute gentiment sur le port, les marins sont reçus à la préfecture... et en ressortent avec l'info: laissant sur le carreau des boîtes de transports, prêtes à une reprise partielle, on a déjà accordé le bébé à un financier...

Très mal joué.

D'autant que le financier en question, un énarque, est un proche de Dominique de Villepin. Dans ces cas-là, l'apel d'offres on s'assoit dessus, comme l'Etat le fait souvent.

La grève s'envenime, vous connaissez la suite, blocus, la police entre sur le port de Marseille, ce qu'elle a toujours rechigné à faire... Mais ce qu'il y a de beau dans notre Pays Méditerrranéen, c'est qu'il y a toujours des hyènes pour récupérer les combats justes . En Corse, les nationalistes s'y mettent et prouvent une fois de plus qu'ils tirent plus dans la catégorie "bandits" que "révolutionnaires". A Marseille, c'est le maire, fondateur et  vice-président du parti au pouvoir, qui contredit son gouvernement et se range (partiellement) dans le camp des mutins. On se demande où ça va s'arrêter...

Bon, tu l'as compris, c'est moins pour l'information, que tu dois suivre à la télé (moi j'en ai pas, je peux pas dire) que pour l'anecdote que je te parle de ça.
Tout est toujours compliqué chez nous...

Ca me rappelle une histoire, tu sais après les grèves du début des années 90, les dockers avaient été mensualisés, finie la Criée le matin à 4h pour choisir ses équipes. Du coup, le enfants de dockers faisaient l'appoint les jours où des travailleurs manquaient sur le Port, c'était une convention qu'ils avaient prise avec le Port Autonome. Bref, j'y ai fait quelques piges, avec mes gros bras musclés.

Un jour, je bosse avec un grand mastard, 1m90 au bas mot, un bon 110 kg pas encore avachis, avec une tête de poupon frisé et des battoirs comme des tamis de raquettes de tennis en guise de mains. Je lui plais, avec mon mètre 70 et mes 65 kilos (à l'époque) tout mouillé, ma sale habitude de courir partout où on me dit d'aller... Quand il apprend que je suis le fils de Jean-Paul, son regard s'illumine.

Mon père est d'après lui un gars valable, sympa, correct, gentil, il a toutes les qualités, admirable, brillant, etc.
(A l'époque mon roups devait êre payeur ou chef d'exploitation je ne sais plus, il était du côté des chefs en tout cas.)

Toute la journée, ce géant sympathique m'aide, me conseille, me raconte des anecdotes, comment mon père est génial.

Bref, je passe une bonne journée, il faisait beau, j'ai travaillé, j'ai gagné des sous et je suis fier de mon papa. Que je retrouve le soir, pour rentrer à Lambesc.

Dans la discussion, je lui parle de mon nouveau copain:
"- Oh, au fait, dis-moi le grand frisé, là, costaud, il t'aime bien, hein, il a pas arrêté de dire du bien de toi toute la journée!
- Qui ça, machin ? (il m'excusera si je ne me rappelle plus son  nom)
- Oui, lui, il a été dithyrambique!
- Il peut..."

Mon père me regarde, en souriant:
"La semaine dernière, pendant la grève, il est entré dans mon bureau en cassant la porte à coups de poings".

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publié par Fredogino - dans De l'actu
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commentaires

moi-même 29/09/2005 16:31

Eh, eh... Ce qui est bien avec les super-girouettes de notre bien-aimé gouvernement, c'est qu'on n'est jamais au bout de nos surprises...
http://www.liberation.fr/page.php?Article=327417

Or, donc...

 
Time flies, comme ils disent. Les gens qu'on aime disparaissent, des horreurs se produisent, et on avance. On a le droit, on a le devoir de croire que l'omme peut s'en sortir, on a le droit de rêver, d'aimer, de rire et de chanter.
 
Le monde meilleur, il faut le faire, il faut en parler. alors on apporte notre petite contribution, et si ça ne plaît pas, au moins ça débarrasse. Ca débarrasse la tête, le ventre, le coeur.

Si tu as apprécié, participe et reviens. Il y a du blanc et du rosé au frais. Du saucisson au cellier. Du fromage qui pue à tous les étages... Le rouquin est sur la table, sers-toi, trinquons, et profitons de la vie ! Echangeons, mélangeons, partageons... 

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