Je sais. Je suis en retard. C'est de l'info aussi froide que la viande dont ce monstre est désormais fait. Mais comme le
mauvais goût ne tue pas, je continue. de toute manière, il fallait bien que je te parle de Peter Falk. Le monde entier a
pleuré la mort de Columbo. Pas moi.
Non pas que je n'ai pas été atteint par sa disparition, non j'ai pleuré aussi, mais en fait... Quand je pense Peter
Falk je ne pense pas Columbo.
Il y a deux films dans lequel le grand petit homme a tourné et qui font partie de ma filmographie culte : The Princess
Bride, de Rob Reiner, où il tient un petit rôle, mais central, celui du grand père qui raconte l'histoire à son petit-fils malade. Je t'en reparlerai, tellement cette
merveille est un chef d'oeuvre. L'autre film, c'est le jouissif, le génialissime Tante julia et le Scribouillard (Tune in Tomorrow), de Jon Amiel, adaptation
cinématograppique d'un roman de Mario Vargas Llosa.
C'est l'histoire de Pedro Carmichael, un scénariste de soaps opéras pour la radio qui débarque dans la vie sans
histoire d'un étudiant (Keanu Reeves) qui veut devenir écrivain... Doté d'une imagination fertile, un brin tordue, il va bouleverser la vie du jeune homme amoureux de sa tante
Julia (sulfureuse Barbara Hershey) mais aussi celle de la radio, de la ville entière, avec des méthodes extrêmement hétérodoxes.
Peter Falk survole ce film qui bénéficie même en français de dialogues exceptionnels. Mordant, pétillant,
émouvant, il s'amuse comme un petit fou, autant que son personnage qui s'ingénie à plagier la vie des ses collaborateurs, et en même temps à la pimenter, la compliquer pour les besoins de son
histoire rocamblesque et de ses personnages.
Ses répliques, agrémentées du travail de sourcil bien connu, sont à mourir de rire. Tout au long du film, il débite avec le
plus grand sérieux des horreurs innomables sur les Albanais ; ses "oui" se transforment en des périphrases pleines de mystères... Quand le jeune homme lui demande s'il aime vraiment la mixture
qu'il vient de lui faire goûter, Carmichael répond avec un aplomb confondant : "est-ce que les ours font popo au fond des bois ?"
Un acteur qui dégage autant de malice, de joie de vivre, de rire, ça donne une force incroyable. J'ai eu énormément de
plaisir à voir, revoir, rerererevoir etc. ce film où les autres protagonistes sont autant éclipsés que leurs personnages sont ballottés par Carmichael. Je n'ai jamais eu l'occasion de lire
l'oeuvre de Vargas Llosa, mais, en mémoire de Peter Falk, je vais m'y mettre rapidement.
Cet été peut-être. Et revoir le film ? Et aussi Husbands de Cassavettes, Un cadavre au
dessert avec Peter Sellers, Alec Guiness, etc. J'ai l'embarras du choix. Et tout le temps maintenant. C'est important,
le temps. Et ce n'est qu'un livre, comme dit l'autre.
Et le joli diaporama de l'Express, ici.
Lundi 11 juillet
1
11
/07
/Juil
16:16
-
Par Fredogino
-
Publié dans : J'ai vu, revu, j'irai voir...
3
Bonsoir,
C'est encore une vraie perte, tu en parles avec nostalgie et admiration, je ne connais pas la plupart des films dont tu parles, pour moi, il est "Colombo" une espèce d'escogriffe qui n'avait pas le look mais l'intelligence !
Gros bisous à toute ta petite famille.
D@net.
J'ai vu le premier, pas le second.
Il faudrait pourtant. J'avais aimé le livre.
Bises, Fredogino. Merci pour ce bel hommage à un acteur que j'aime beaucoup.