Ce matin, j'écoutais Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, sur
les ondes de France Inter. Je ne me rappelle pas encore le nom du journaliste qui remplace Demorand lors de la matinale et ça m'a fait immédiatement penser à l'interview de Pierre
Moscovici par Jean-Jacques Bourdin je ne sais plus quel autre jour, et même à celle de Hollande par Demorant himself un jour encore précédent.
Impertinents, agressifs, pas souvent pertinents, les points communs m'ont sauté aux oreilles et je dois avouer que Demorand et ses petits camarades ressemblent eux aussi à ce journalisme
d'aujourd'hui. D'abord, il faut bien l'avouer, ils ne se laissent pas endormir. Bon point. Le journaliste d'aujourd'hui est courageux, il suit sa ligne, il pousse le politique à la faute, il est
agressif et sûr de son fait, il veut faire répondre l'homme politique à sa question.
Classe, on aime ce journaliste-là...
Pour autant, le journaliste d'aujourd'hui ne pose pas forcément les questions intelligentes. Au lieu de demander à Hollande pourquoi il n'y a pas d'unité au PS, ce dont tout le monde se contrefout,
pourquoi Demorand ne l'interroge-t-il pas sur le fond ? réforme inique et destructrice du service public des hôpitaux, flicage d'Internet sans aucune contrepartie financière pour les
artistes, asphyxie des collectivités locales, hausse du chômage, emprunts bidons pour masquer une relance ratée, etc. Le journaliste ne s'intéresse pas au fond. Il s'intéresse au futile. "M.
Hollande, serez-vous candidat aux primaires ?". "M. Hollande, que pensez-vous de Manuel Valls ?"
M. le journaliste, qu'en a-t-on à foutre ? De la même manière, sur plus de 30 minutes, Bourdin demande à Mosco s'il est candidat. L'autre répond que non merci, pas pour le moment, il
préfère travailler maintenant. - Vous êtes sûr ? - Oui - Allez ... dites-moi que vous êtes candidat... - Non on verra en 2011 ! - ah mais en 2011 vous pourriez être candidat ? - ben, si je pense
être le bon oui, mais en attendant... - bon ok vous êtes candidat. Que pensez de la cacophonie ambiante au PS et la valse des candidats ?
... j'exagère à peine. Les journalistes font semblant de se désoler des réponses aux questions que les socialistes n'auraient jamais évoquées s'ils ne les avaient posées... c'est ça leur boulot
?
Et alors là, ce matin, j'ai adoré. Le monsieur qui pose les questions s'emporte contre Ayrault parce que les socialistes ont déposé contre le gouvernement une motion de censure.
Ayrault lui explique que les socialistes considèrent le happening de Versailles comme une déclaration de politique générale du gouvernement. En gros, le président a fait le boulot du premier
ministre et a fixé un changement de cap. Modèle social français à défendre, conseil national de la résistance, Jaurès tout ça. Fillon répond "pas du tout, la politique du gouvernement
ne change pas". Ah bon, ben il a menti le président alors ? Comme à Toulon ? Comme à chaque fois qu'il fait un discours et qu'après dans les actes il se permet de faire le contraire ? Je défends le
modèle social français mais à partir de dorénavant les salariés travailleront le dimanche ?
Le journaliste n'entend pas, ne comprend pas, je n'en sais rien, et insiste sur le fait que la motion de censure ne sert à rien puisque la majorité va voter contre. Il vaut mieux s'intéresser aux
vrais problèmes. Ayrault répète que quand le président annonce quelque chose et qu'il fait diamétralement l'opposé avec le gouvernement, c'est grave pour la démocratie et que c'est le rôle
de l'opposition de le faire savoir. Et là, paf, le journaliste change de sujet.
Donc soit on est idiot et on n'a rien foutre des sujets de fond ou de la démocratie sur Inter et Rmc, soit on est impertinents, agressifs, offensifs, mais seulement contre l'oposition.
L'été sera probablement chaud, l'hiver froid. Mais au printemps prochain, avec des journalistes pareils, les miradors pourront refleurir qu'ils ne s'en apercevront même pas...
Mardi 7 juillet 2009
2
07
/07
/2009
14:16
-
Par Fredogino
-
Publié dans : De l'actu
-
8
-
Recommander
http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/01/gauche-libertai.html
Je me demande si ce genre d'articles peut intéresser beaucoup de gens... Bon, moi ça me branche à mort. La gauche libertaire, les enfants des socialistes français du XIXe, les théories de Fourier,
Saint-Simon, "socialistes utopiques", du grand Proudhon, aujourd'hui personne n'en a rien à foutre. Refoulés au rang de gogos par les ayatollahs de la gauche marxiste. Ridiculisés par les
communautés soixante-huitardes, cheveux longs et bains de boue.
Et pourtant... Faudrait qu'on en parle, non ?
Mardi 13 janvier 2009
2
13
/01
/2009
16:36
-
Par Fredogino
-
Publié dans : De l'actu
-
8
-
Recommander
J'ai fait aussi un peu le tri dans les journaux qui s'amoncelaient sur mon bureau, ils menaçaient à tout moment de tomber et d'obstruer
incongrument la sortie ! Emmuré vivant... non c'en était trop, alors j'ai lu un peu, jeté beaucoup et je m'apprêtais à t'écrire lorsqu'il me fut fait remarquer que j'avais grièvement fauté dans le
post précédent. Prenant mon courage à deux mains pour les poser sur le clavier, je corrigeai donc et commençai et écrire.
Sur Bayrou. Parce qu'il me fait bien rire. Et que les dirigeants du PS et les journalistes qui le prennent au sérieux m'interpellent (au niveau de mon faux-cul comme dirait
l'autre).
Je ne comprends pas qu'on puisse envisager sérieusement une alliance du PS avec le Modem dans l'état actuel des choses. Quoi, sur la base du résultat des présidentielles ? Avec une
gauche aux abois ? Non merci.
Sans volonté aucune de choquer les électeurs centristes (j'ai moi-même un ami - des meilleurs - qui fraie régulièrement avec cette molle engeance), la démocratie chrétienne est depuis des temps
immémoriaux pour le jeune homme que je suis une force d'appoint de la droite. Réduit à la portion congrue par l'action successive de Chirac puis Sarkozy, le centre s'est désagrégé ces
dernières années et n'est plus cette droite humaniste et moderniste qu'elle représentait encore jusqu'au milieu des années 80.
Alors aussi incongru que cela puisse paraître, écrasé sur la droite, voilà que tel le Barbapapa d'idées mollassones qu'il est, le centre, laisse repousser sa graisse bienheureuse à gauche,
où il y a de l'espace.
Bien entendu, cet espace-là a été libéré par des gauchistes toujours aussi irresponsables (au sens où ils refusent d'assumer des resposanbilités), et une gauche de gouvernement aux abonnés absents
: le PC n'en finit plus de se demander comment il peut se restructurer, les Verts n'ont jamais existé (peut-être que Cohn-Bendit, ce politique génial, le sauvera et en fera un
vrai parti?) le PS a grandement perdu de sa crédibilité économique et politique à cause d'une campagne des présidentielles mal maîtrisée et la cacophonie ambiante depuis 2005.
Résultat : les humanistes de gauche ni marxistes ni anti-tout n'ont pas voté PS, ils ont voté Bayrou. Prends ça dans ta gueule (et dans la mienne aussi, en tant que militant d'un
parti pour le moment ridicule). Fort de ça, le copain Bayrou, qui a permis la victoire de Sarkozy en refusant de soutenir Royal l'an dernier au 2e tour de la présidentielle,
tend aujourd'hui la main au PS miné par ses querelles intestines en lui proposant de s'allier. Hum.
Plusieurs questions : 1 pourquoi maintenant ? Il y a un an, on était pareil que Sarko, aujourd'hui, c'est fini ? 2 sur quelles bases programmatiques ? Sa haine du président n'est pas un
terreau suffisant... 3 sur quelles bases électorales ? Il me semble que la base électorale du Modem n'existe que dans la droite bien-pensante, et que le Parti socialiste doit se faire
un objectif majeur que de reconquérir les classes moyennes cultivées et progressistes, tout en gardant sa base.
L'électorat du Modem, M. Bayrou ne peut pas le "monnayer" dans un accord d'opposition car il ne lui appartient pas. Il a su lui parler à un moment, mais il n'est pas figé. Le PS doit
apprendre à reparler aux classes moyennes (en fait il doit réapprendre à parler, tout simplement, et d'une voix de préférence). C'est un enjeu électoral majeur pour l'avenir du Parti
socialiste. Qu'on laisse le Béarnais s'époumonner dans son coin et qu'on travaille sur nos idées, notre message. Le travail paie toujours à un moment ou à un autre. Enfin j'espère.
Mardi 16 septembre 2008
2
16
/09
/2008
13:48
-
Par Fredogino
-
Publié dans : De l'actu
-
8
-
Recommander
Ils commentent, eux!