Jeudi 16 juillet 2009
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En ce moment, je ne sais pas pourquoi, va savoir, les voies du seigneur étant impénétrables, il n'y a pas de
raison pour que les miennes soient violentées à la première occasion, je ne sais pas pourquoi disais-je avant de grossièrement m'interrompre pour soliloquer à tire-larigot, soliloquer étant
probablement impropre peut-être eus-je dû dire monologuer puisque je ne suis pas seul, tu es là, et je ne me parle pas qu'à moi mais aussi à toi qui es là et qui lis et qui n'est chaque fois ni
tout à fait le même...
Hum. Je ne sais pas pourquoi, disais-je, euh... je ne sais plus. Ah, si ! Va-t-en savoir pourquoi, en ce moment, j'essaie de me remémorer des passages de mon enfance. Il y a des éclairs qui me
reviennent. Dans la cour de l'immeuble, on piquait les cerises qui dépassaient de chez le voisin en grimpant sur le mur. Putain 4 ans, à l'époque j'étais plus dégourdi qu'aujourd'hui... Le jour où
je me suis planté le frein du vélo dans la tempe en voulant faire des zigs zags au ralenti, "regarde maman!", les soirs où tous les voisins de l'immeuble descendaient des tables dans la cour pour
faire un barbec', la fois où j'ai fini la tête dans le hachis parmentier parce que je l'avais recraché devant ma mère...
J'ai toujours, toujours, lorsque je crawle et que je mets ma tête sous l'eau, le souvenir de ma détresse, grippé à la piscine de la salle Vallier, dérivant comme un bateau ivre, incapable de garder
ma ligne et me cognant finalement contre la bouée de séparation. J'avais 6 ans.
Mais surtout je me revois comme si c'était hier, couché sur le divan gratte-cul de Pachtrak, à demi-endormi, écoutant au loin les discussions de mes parents et de leurs potes dans une soirée
interminable, personnages discernables derrière la fumée des cigarettes, ombres marrons sur la tapisserie orange. Au loin, un album d'Otis Redding tourne en boucle. Un titre me berce, et me
revient chaque fois. Une batterie ronde et groovy, une ligne de basse simple et efficace, 2 voix nasillardes tranchent avec cette volupté, et quelques éclats de trompette les mettent régulièrement
d'accord. Probablement ma première émotion musicale, un son collé à cette image, cette sensation de bien-être... Otis Redding et Carla Thomas, Tramp :
Par Fredogino
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Publié dans : J'écoute quoi?
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Mercredi 8 juillet 2009
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Assis sur le perron, la rue est étroite, le village est paisible, le ciel étoilé. A quelques mètres, des jeunes
gens partagent un peu de musique et de bonne humeur, paisiblement. L'air est frais, les mouvements pourtant rares, le temps n'importe pas. Ma blonde est là-haut, au-dessus de ma tête. Et elle est
toujours brune.
Dans ma main, un petit Isle of Jura, pas assez vieux, sa tourbe ne me remplit pas les narines mais me les titille juste assez. Ce n'est pas un whisky de soir d'été, sa terre est nécessaire
en hiver, mais je n'ai pas de Caol Ila sous la main, puissant et fruité, et le petit Aberlour bien rond et suave arrivé en mars n'est pas encore ouvert. Et puis cet islay me
rappelle le balcon d'Encagnane, à cette période où on n'avait plus qu'à attendre les résultats des exams. La terre dans mon verre, le ciel au-dessus là, juste au-dessus de
mon amour, je n'ai décidément besoin de rien.
J'attends tellement sereinement le plus grand changement de ma vie. "Unum, Domine". Une seule chose.
Par Fredogino
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Mardi 7 juillet 2009
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14:16
Ce matin, j'écoutais Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, sur
les ondes de France Inter. Je ne me rappelle pas encore le nom du journaliste qui remplace Demorand lors de la matinale et ça m'a fait immédiatement penser à l'interview de Pierre
Moscovici par Jean-Jacques Bourdin je ne sais plus quel autre jour, et même à celle de Hollande par Demorant himself un jour encore précédent.
Impertinents, agressifs, pas souvent pertinents, les points communs m'ont sauté aux oreilles et je dois avouer que Demorand et ses petits camarades ressemblent eux aussi à ce journalisme
d'aujourd'hui. D'abord, il faut bien l'avouer, ils ne se laissent pas endormir. Bon point. Le journaliste d'aujourd'hui est courageux, il suit sa ligne, il pousse le politique à la faute, il est
agressif et sûr de son fait, il veut faire répondre l'homme politique à sa question.
Classe, on aime ce journaliste-là...
Pour autant, le journaliste d'aujourd'hui ne pose pas forcément les questions intelligentes. Au lieu de demander à Hollande pourquoi il n'y a pas d'unité au PS, ce dont tout le monde se contrefout,
pourquoi Demorand ne l'interroge-t-il pas sur le fond ? réforme inique et destructrice du service public des hôpitaux, flicage d'Internet sans aucune contrepartie financière pour les
artistes, asphyxie des collectivités locales, hausse du chômage, emprunts bidons pour masquer une relance ratée, etc. Le journaliste ne s'intéresse pas au fond. Il s'intéresse au futile. "M.
Hollande, serez-vous candidat aux primaires ?". "M. Hollande, que pensez-vous de Manuel Valls ?"
M. le journaliste, qu'en a-t-on à foutre ? De la même manière, sur plus de 30 minutes, Bourdin demande à Mosco s'il est candidat. L'autre répond que non merci, pas pour le moment, il
préfère travailler maintenant. - Vous êtes sûr ? - Oui - Allez ... dites-moi que vous êtes candidat... - Non on verra en 2011 ! - ah mais en 2011 vous pourriez être candidat ? - ben, si je pense
être le bon oui, mais en attendant... - bon ok vous êtes candidat. Que pensez de la cacophonie ambiante au PS et la valse des candidats ?
... j'exagère à peine. Les journalistes font semblant de se désoler des réponses aux questions que les socialistes n'auraient jamais évoquées s'ils ne les avaient posées... c'est ça leur boulot
?
Et alors là, ce matin, j'ai adoré. Le monsieur qui pose les questions s'emporte contre Ayrault parce que les socialistes ont déposé contre le gouvernement une motion de censure.
Ayrault lui explique que les socialistes considèrent le happening de Versailles comme une déclaration de politique générale du gouvernement. En gros, le président a fait le boulot du premier
ministre et a fixé un changement de cap. Modèle social français à défendre, conseil national de la résistance, Jaurès tout ça. Fillon répond "pas du tout, la politique du gouvernement
ne change pas". Ah bon, ben il a menti le président alors ? Comme à Toulon ? Comme à chaque fois qu'il fait un discours et qu'après dans les actes il se permet de faire le contraire ? Je défends le
modèle social français mais à partir de dorénavant les salariés travailleront le dimanche ?
Le journaliste n'entend pas, ne comprend pas, je n'en sais rien, et insiste sur le fait que la motion de censure ne sert à rien puisque la majorité va voter contre. Il vaut mieux s'intéresser aux
vrais problèmes. Ayrault répète que quand le président annonce quelque chose et qu'il fait diamétralement l'opposé avec le gouvernement, c'est grave pour la démocratie et que c'est le rôle
de l'opposition de le faire savoir. Et là, paf, le journaliste change de sujet.
Donc soit on est idiot et on n'a rien foutre des sujets de fond ou de la démocratie sur Inter et Rmc, soit on est impertinents, agressifs, offensifs, mais seulement contre l'oposition.
L'été sera probablement chaud, l'hiver froid. Mais au printemps prochain, avec des journalistes pareils, les miradors pourront refleurir qu'ils ne s'en apercevront même pas...
Par Fredogino
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Publié dans : De l'actu
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Mercredi 22 avril 2009
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17:13
Tu sais ce que c'est le bonheur en avril ? C'est de partir en costard au boulot, avec son agenda sous le bras , sous le ciel bleu, avec ses chaussures à la main et
les tongs aux pieds... Il fait encore un peu frais, ça te chatouille les orteils, toi tu étais bien au chaud dans les bras de ta blonde (qui comme son nom l'indique est brune) à caresser son ventre
pétaradant de vie et d'un coup paf, bleu, frais, orteils.
Le bonheur.
Enfin, encore faut-il habiter dans le sud et être amoureux. Quoique, pas besoin d'être amoureux pour en profiter, moi je dis pas, ça aide quand même. Mais la condition sine qua non pour profiter du
ciel bleu et de l'air frais en tongs en avril ça reste d'habiter en Provence...
Bref.
Pouf pouf.
Lundi 20 avril 2009
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16:22
Talentueuse
Impatiente
Prégnante
Enamouré (moi)
Par Fredogino
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